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Il parait que le combat fait rage entre la commune urbaine d’Antananarivo et le régime du dictateur Marc Ravalomanana. Mais est-ce qu’il y a vraiment dedans un vrai  combat ? C’est à dire un combat de fonds, de principes et de vraiment sérieux? Ou est-ce toujours ce genre de bataille sur un problème défini et qui, lorsque celui-ci sera réglé, poussera les deux combattants à s’embrasser longuement en oubliant tous les dégâts ainsi causés ?

En politique, le premier réflexe à faire devant un évènement inattendu c’est de ne jamais se précipiter dans un jugement de la situation à partir des éléments « trop visibles », c’est-à-dire de la manière dont « tout le monde » les perçoit. Au contraire, c’est la retenue et la réflexion qui doivent primer lorsqu’on cherche à apprécier l’enjeu d’un combat ou lorsqu’on désire connaître ce qui se cache derrière les écrans de fumée ainsi crées.  

Je repose donc la question : Y a t il vraiment un combat « sérieux » entre la CUA et le régime telle que l’opinion publique le laisse croire ? Personnellement, je doute. Et je vais vous dire pourquoi :
D’abord, la CUA attaque le gouvernement uniquement sur la décision du Trésor Public à bloquer les recettes de la commune pour éponger les dettes que celle-ci aurait contracté (et qui restent encore impayés) dans les années 80, et accessoirement sur la décision du gouvernement de transférer la gestion de la gare routière d’Ampasapito à l’organisme ATT qui ne devrait assurer, légalement, qu’un rôle d’observateur. Et sans plus !
La CUA n’a même pas soulevé le fait que c’est « l’attitude arbitraire » du régime, qui a pris ces décisions qui est, d’abord, en cause. Et que cet « arbitraire » là ne touche pas seulement la CUA mais l’ensemble du pays, dont aussi bien le maire de Toamasina que celui de Fianarantsoa et autres. Il est, à mon sens, assez naïf de vouloir combattre « des décisions arbitraires » sans aller affronter « l’attitude arbitraire » qui a comme raison d’être sa capacité à pondre de telles décisions. Ainsi, lorsque le problème du Trésor ou de la gare est réglé, aucune autre « décision » arbitraires ne pourra plus survenir puisque la “poule pondeuse” a été tuée. . Sinon, comme Sisyphe, on sera condamné à rouler éternellement la pierre.
 

Ensuite, je trouve le domaine de combat cadré essentiellement dans la capitale, car il suffit de voir l’équipe de la CUA pour admettre qu’elle n’est pas (pas encore) prête à engager un combat vraiment d’envergure nationale contre l’actuel régime.
Autrement dit, tout espoir que l’opposition fonde sur ce combat « inter-tananarivien » pour ne pas dire « merina contre merina » risquerait d’être vain du fait de son ignorance de l’enjeu et de la situation réelle.

Le fait que la classe de l’opposition ait pu tenir leur réunion à Analakely, samedi dernier, et que la CUA ait donné son autorisation, ne signifie en rien qu’il y a vraiment un lien entre ces deux cas (combat de la CUA contre le régime et le réveil de l’opposition).
La meilleure preuve est d’ailleurs la voici : le « motif » principal avancé par le responsable du parti du dictateur TIM, lors de la conférence de presse tenue à Magro hier. En effet, ce responsable du TIM a beaucoup insisté sur le fait qu’il y ait une relation entre l’action de la CUA et la mobilisation de l’opposition. Une manœuvre qui n’a, certes, pas convaincu personne mais suffisante pour faire une pierre deux coups : d’une, faire croire à l’opposition que la CUA peut être leur allié (ce qui faussera leur calcul et donc rendra son combat contre la dictature dénaturé car fondé sur un faux espoir), de deux, étiqueter la CUA d’opposant (ce qui incitera la CUA à prendre davantage de recul par rapport à une opposition que l’opinion tananarivienne – assez régionaliste, avouons le – a toujours repoussé jusqu’à maintenant), pour mieux affaiblir celle-ci devant sa quête de légitimité auprès de l’opinion et dans sa démarche auprès du régime.
 
Vous verrez bien qu’il suffirait au président de la République ou au chef de gouvernement de faire signe au Trésor publique pour que celui-ci laisse la CUA, par exemple, échelonner le paiement de sa dette; ou, de trouver d’autres solutions plus consensuelles sur ces problèmes pour que les deux camps se rapprochent et cessent le combat. C’est trop classique !

Bien sur, je condamne avec énergie ce que le régime fasse à la CUA actuellement, et c’est un truisme que de le dire. Puisque c’est ce genre de comportement qui fait que le régime de Marc Ravalomanana est considéré comme une dictature, pire un despotisme. Mais soyons honnête ! Ce caractère despotique de ce régime ne date quand même pas du 12/12/2007, date à laquelle le maire d’Antananarivo, Andry TGV, ait accédé à son poste, mais remonte bien plus loin, du moins depuis le 22/02/2008. Il ne faut donc pas l’oublier. Ne serait-ce que par honnêteté intellectuelle.

A nous, tous, de réfléchir maintenant s’il faut s’apitoyer sur le sort du Maire Andry TGV en occultant tous les autres arbitraires que le régime ait commis, uniquement parce que ce Maire est le fils d’Iarivo, autrement dit Merina de souche, comme moi (eh oui!). Ou sinon, s’il faudrait qu’on prenne une bonne fois pour toute notre responsabilité, démontrer au moins une bonne fois pour toute que, pour nous, le mot « honnêteté » a un sens, pour combattre un régime dictatorial, despotique et totalitaire.

Pour moi, le « film » aurait pu être plus intéressant si, et seulement si on y met un minimum de sérieux et d’honnêteté dans le combat contre la dictature. Ainsi, demain, les « décisions arbitraires » ne pourront plus être décrétées par les bourreaux puisque nous avons pris le temps et la peine de tordre à mort leur cou. Au lieu qu’il ne soit qu’un simple film d’action de série B dont le titre peut être : Merina contre Merina. Un film banal, à la James bond, qui fait crier les badauds, fait rire les méchants mais qui finalement ne change rien de concret et de positif pour la vie de la nation.

Pour aider le Maire dans son combat, il n’y a rien d’autres choses à faire que de chasser la dictature de Marc Ravalomanana. C’est-à-dire engager un vrai combat politique sérieux et déterminant contre un système foncièrement despotique.  Sinon, commençons à pleurer nos morts.

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