Antananarivo : la disgrâce !
politique septembre 2nd, 2008La population d’Antananarivo composée de plus de 75% de Merina est-elle donc devenue si « inconsciente » à ce point ? Se croit-elle alors si « riche » et si « heureuse » sinon « plus intelligente » que les autres pour qu’elle ose regarder ailleurs pendant que son propre pays « brûle » ? Le fait, donc, d’avoir un de ses fils siéger au faîte de la Nation lui suffit-il à justifier les niaiseries, la lâcheté, la dictature et le renoncement aux valeurs reconnues aux hommes civilisés? Est-ce donc cela la finalité de notre soi-disant “intelligence”?
Voilà des questions qui trouvent toutes leurs pertinences lorsqu’on analyse la situation politique qui prévaut actuellement au pays.
Personnellement, je ne souhaite pas que demain mes enfants auront honte tout simplement parce qu’ils sont « Merina ». Crevons donc l’abcès !
En 6 ans, depuis que le dictateur malgache, Marc Ravalomanana ait accédé au pouvoir, la population d’Antananarivo n’a rien fait pour empêcher le pays de sombrer dans la décadence totale. Pire, elle s’est toujours mise en avant pour défendre la dictature malgré le fait que c’est bel et bien elle, Antananarivo, qui en est la première victime.
Prenons un exemple très récent : Antananarivo a été la première à se moquer du harcèlement dont faisait l’objet le Maire de Toamasina de l’époque, un certain Roland Ratsiraka, alors qu’il a été clairement prouvé que celui-ci était victime d’une machination dont la dictature de Ravalomanana seule a le secret. Antananarivo a également été la seule à rester sans rien faire devant la traque menée par le régime contre le maire de Fianarantsoa, Pety Rakotoniaina, pendant que l’épouse de celui-ci a été violentée, et ses enfants traumatisés.
Antananarivo se complait d’adopter une telle attitude indigne car elle croyait (par naïveté ? ou par racisme ?) que lors de la crise de 2002, elle (sous entend, Merina) a été, selon elle, la seule victime. Ou encore, elle croyait que si le dictateur Ravalomanana a pu évincer l’ancien dictateur Ratsiraka, et accéder ensuite au pouvoir, c’était grâce à ses « seuls » efforts. Une idée si saugrenue habite encore bon nombre des gens, soi-disant de la bonne famille, qui se déclarent fièrement être les enfants d’Antananarivo. Mais une telle « perfidie » n’honore pas notre ville. Au contraire, cela la décrédibilise car le mensonge est trop flagrant et la malhonnêteté trop visible.
La preuve : En ce moment, c’est Antananarivo qui se retrouve humiliée et insultée par son propre fils, le dictateur, sans qu’elle éprouve le besoin de lever son petit pouce, avec courage, pour contester l’abus du moins pour préserver sa dignité ainsi salie.
La raison de cette grande tolérance est pourtant tout simple : l’ethnicisme rétrograde. “La honte” d’avoir soutenu un dictateur, “la honte” d’avoir accouché un enfant devenu président la plus bête de Madagascar ; et “la honte” de reconnaître ses « erreurs » en acceptant de soutenir les partis de l’opposition, ceux là même qu’elle a longuement insulté et blasphémé hier encore.
Plutôt que de surpasser cette honte, elle s’adonne, donc, à des pitreries qui sont aussi ridicules que pitoyables : Pendant que toute la population malgache, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, luttent courageusement contre la mise à sac du pays par le dictateur malgache Ravalomanana, contre la vente du territoire national aux firmes multinationales, contre l’endettement effréné du pays en hypothéquant l’avenir de la génération future, Antananarivo, quant à elle, se drape de mensonges pour justifier sa « lâcheté » ; pendant que le peuple malgache crie famine, déplore l’étiolement de sa condition de vie, ou même que les prélats montent au front pour dénoncer la gouvernance calamiteuse actuelle, Antananarivo se la joue « intello » et se montre « bizarrement » pas concerné du sort que la dictature réserve à Madagascar.
Pourtant, c’est bien Antananarivo qui subit de plein fouet les conséquences de l’incompétence de nos gouvernants : C’est à Antananarivo que l’on trouve des familles les plus pauvres de Madagascar. C’est encore Antananarivo qui est la seule ville de Madagascar reconnue comme étant la 3ème ville la plus sale du monde ; c’est toujours à Antananarivo que l’effectif de ceux qui vivent à moins de 1 dollar par jour est le plus élevé dans tout le territoire national.
Pire, sur les 1516 Maires que comptent Madagascar, c’est le Maire d’Antananarivo, celui qui a été élu à 62%, un certain 12 décembre 2007, est le seul maire qui, actuellement, fait l’objet d’une brimade en règle. Il est entrain d’être déshabillé en public, humilié, insulté par le dictateur Ravalomanana et ses sbires. Au lieu de prendre son courage et sa responsabilité à deux mains pour répondre franchement et fermement au régime qui l’empêche de travailler, ne serait que par respect pour ceux qui lui ont fait confiance, la victime se montre, au contraire, peu encline à se passer de son statut de victime. Pourtant tout a été fait, par le régime, pour saborder la gestion de la CUA : les recettes communales sont confisquées par le Trésor public ; la gestion de la ville est volontairement semée d’embûche ; certains pouvoirs relevant de la prérogative de Maire de la Capitale lui ont été ôtés etc.….
A l’instar de l’ancien Maire Guy Razanamasy, je n’accepterai pas qu’une telle chose perdure car je sais que ce fils d’Imerina, ce dictateur notoire, nommé Ravalomanana, ne restera pas là éternellement.
Je ne voudrais pas m’accommoder à la stupidité. Je dois penser au moins à mes enfants pour que demain ils ne feront pas l’objet de la même brimade, ni payer les conneries commises par les autres. Pour cela, je suis prêt à avaler mes fiertés de 2002 (le fameux slogan le Merina choisi un Merina) qui sont devenues trop « décalées » actuellement voire dangereuses aussi bien pour moi que pour le pays. Je préfère œuvrer plutôt pour l’intérêt national, à penser « malgache » plutôt que Merina, à penser « Nation » plutôt que tribu, donc en défendant mon pays contre ses fossoyeurs.
C’est un peuple malgache indivisible qui, désormais doit primer à mes yeux, et non plus le repli identitaire qui se nourri d’un élan ethniciste absolument improductif et suicidaire.
D’ailleurs, avec le seul appui de la population d’Antananarivo, aucun fils de l’Imerina n’aurait pu devenir président de la République de Madagascar. Il a fallu l’apport direct de tout le peuple malgache.
Alors pourquoi, en ce moment, cette population d’Antananarivo, surtout les soi-disant élites Merina, jouent-ils avec le feu ? Car en tolérant la politique d’exclusion menée par la dictature de Ravalomanana, elle ouvre, inconsciemment, un grand boulevard sans précédent de la destruction du pays.
Laisser aux autres l’exclusivité de la participation au combat pour sauver la Nation, c’est renier ouvertement son appartenance à cette Nation.
C’est une stratégie très grave dans le sens où une fois capable de mener seule le combat, une grande partie du peuple malgache risquerait, légitimement, de sanctionner durement les « lâches » et les « complices » du bourreau. Pire, la politique du « je-m’en-foutisme » telle qu’elle est adoptée actuellement par Antananarivo fait l’unanimité contre nous, Antananarivo car elle est trop basse.
Certes, c’est ce schéma que le dictateur Ravalomanana a toujours adopté, mais vu le désastre que son régime a causé, une telle stratégie ne lui sera pas pour longtemps bénéfique.
Une telle stratégie maintiendra également Madagascar dans un état dictatorial à l’issu duquel l’alternance ne se fera que dans et par la violence.
C’est pour toutes ces raisons que je m’efforce de dénoncer la dictature de Marc Ravalomanana car la population tananarivienne, dont je suis issu, ne mérite pas un sort si peu enviable.
De toute façon, à l’allure où vont les choses, bien que prostrée dans son mutisme, livré dans son esprit complice voire dans ses mensonges et perfidies, Antananarivo s’achemine tout droit vers la disgrâce. C’est irréversible ! L’attitude même du Maire de la Capitale, qui semble admettre de facto sa défaite face à la dictature nous fait craindre le pire. Le dictateur Ravalomanana continuera de plus bel à empêcher ce Maire à travailler correctement. Il semble même qu’un PDS le remplacerait très bientôt. Au lieu de faire valoir, courageusement ses droits, l’équipe de la CUA semble se résigner à l’abdication.
En cas d’alternance, je ne veux même pas imaginer ce que les vainqueurs feront de nous. Alors je retrousse mes manches et me lance au combat contre la dictature et la lâcheté qui le nourrit.








