La HAT : Les cannibales au pouvoir
politique juillet 3rd, 2009Le président Zafy Albert a eu raison de résumer le pouvoir de Marc Ravalomanana dans un pamphlet bien connu de « Roublard au pouvoir ». De la même veine, tout observateur sérieux de la vie publique et politique à Madagascar constate, actuellement, que la gouvernance de son successeur, Andry Rajoelina, en seulement trois (3) petits mois nous dévoile déjà une face sombre de sa nature réelle: Les cannibales sont arrivés au pouvoir à Madagascar.
Tout de suite, il faut s’écarter de toutes affirmations gratuites. Ce qui suppose, pour moi, de garder l’impérieux devoir de démontrer les raisons sous-tendant mes accusations pour que chacun de nous puisse jauger la pertinence ou pas de mes propos.
Comme disait Frantz Fanon, il faut que notre prière soit celle qui « fasse de nous l’homme qui interroge ». Posons alors une série des questions suivante: Qui finance réellement cette nouvelle autorité ? Sur quelle ligne budgétaire sont inscrits toutes les dépenses qu’elle effectue ? Surtout qui contrôle ces dépenses ? Mieux, qui contrôlent les recettes ? A qui les « dépensiers » rendent-ils compte de leurs frais qui prennent davantage l’allure coûteuse d’un vrai Train TGV français ?
Pour être plus concret encore, citons quelques unes des dépenses que cette autorité de la Transition d’Andry Rajoelina (TAR) avaient déjà entamées : (1) les nombreuses visites de Andry TGV à l’extérieur dont une l’a poussé à détourner un avion de la compagnie Air Madagascar pour faire escale au Sénégal ; (2) les nombreux déplacement de certains membres du gouvernement à l’extérieur du pays ; (3) les nombreux déplacement des membres de la HAT et surtout des membres du gouvernement dans plusieurs régions de Madagascar ; (4) l’utilisation sinon la confiscation pure et simple des véhicules tout terrain 4×4 (prévus pour l’accueil du sommet de l’Union africaine qui aurait dû se passer à Madagascar cette année) par les membres du gouvernement et de la HAT avec toutes les dépenses liées aux logistiques (entretien, chauffeur, carburant etc…) ; (5) les financements des assises nationales, et surtout des assises régionales comptabilisées pour un montant d’environ plus d’un milliard d’ariary ; (6) le transfert de fonds de la caisse de l’Assemblée nationale (prétendument suspendue) ayant servi le déplacement du premier ministre Monja Roindefo d’une bagatelle d’environ 700.000 euros. Etc.
Quelles lois gèrent ces transferts incessants de fonds publics ? D’où proviennent-ils et qui contrôlent ces flux opaques digne de pratique mafieuse ?
Pourtant, malgré l’absence de réponses claires et sérieuses à ces questions, il est sûr et certain qu’à travers ces douteux transferts de fonds, l’argent public est, en tout cas, joliment cannibalisé.
Ici, l’Etat en tant que tel n’existe plus. Nous sommes bel et bien dans un pays gouverné à travers un système de rapine généralisée de fond public, par des cannibales qui s’improvisent politiciens.
Il n’y a plus aucune loi, en tant que telle, qui tienne encore. Seuls le grincement de leurs dents mâchant la proie (le fond public) et le bruit assourdissant provoqué par leur jouissance monstrueuse, contents d’avoir pu, enfin, sucer jusqu’à la dernière goutte le sang de la population malgache, qui nous rappelle que Madagascar a encore des « maîtres » à défaut des « dirigeants ».
Pourtant, ils ont beau masquer leur « cannibalisme » mais le « naturel » les trahit car il revient toujours au dessus : Pour camoufler leur pulsion à vouloir dévaliser l’Etat, ils ne s’embarrassaient pas d’expulser le groupe de contact composé des membres de la communauté internationale censés les aider à trouver une solution pour sortir Madagascar de la crise dans laquelle il est tombé, sous un prétexte fallacieux qu’il s’agissait d’une affaire « malgacho-malgache ». Une fois les yeux « observateurs » étrangers partis, les rats ont sauté sur la chair moite de la puanteur de l’économie nationale.
Une assise régionale a été dans la foulée organisée pour détourner le regard du commun des mortels sur les (leurs) mains rigides qui pillent sans vergogne la caisse de l’Etat, alors que derrière le rideau « humain » formé par des « régionaux » manipulés et indécemment insultés, c’est la confiscation du pouvoir qui se prépare.
Ils nous ont dit que l’Assise régionale aura pour tâche essentielle la recherche des solutions permettant au pays de sortir de la crise. Or, les sujets abordés et débattus, donc, à valider ne concernent que (1) l’abaissement de l’âge des candidats à la présidentielle à 35ans, et (2) la non amnistie de deux personnes cibles: Pierrot Rajaonarivelo et Marc Ravalomanana pour que ces deux là ne puissent plus entraver l’élection programmée du jeune sacripant. Cette marionnette de Ratsirahonana Norbert Lala(Les autres prisonniers politiques seront amnistiés : Voninahitsy Jean Eugène, Pety, Ratsiraka etc. car ils ne représentent pas de danger électoral pour Andry TGV. Pourtant des sources sûres ont dévoilés que VJE et Pety ont été convoqués en catimini la semaine du 22 juin par Norbert Lala Ratsirahonana pour que ces deux têtes brûlées de l’époque Ravalomanana soient amnistiées le 26 juin. Ce qui a, semble-t-il provoqué la colère des deux concernés. Ceux-ci ont carrément répondu à Ratsirahonana que l’amnistie ne sera acceptable que s’il concerne tout le monde). C’est à cette espèce de « jeunet sans scrupules et dénué de valeur » que Ratsirahonana et consorts prépare l’avenir de la jeunesse malgache.
Si “la participation” de Ravalomanana à une élection présidentielle est fortement discutable du fait de son passé récent peu glorieux, en revanche, je n’ai jamais compris la logique de l’acharnement que les deux récents régimes (Ravalomanana et Andry TGV) ont fait subir à sieur Pierrot Rajaonarivelo. Actuellement si Andry TGV ne veut pas amnistier les crimes qu’aurait commi Pierrot Rajaonarivelo sous pétexte qu’ils ne seront pas “amnistiables” alors, je me demande, pourquoi la HAT ne va-t-elle pas jusqu’au bout de ses cohérences: Il faudrait donc l’emprisonner et non l’empêcher simplement d’être candidat à l’élection présidentielle. Autrement dit, cet argument (ou ce prétexte) n’est pas sérieux. Il est à tirer par les cheveux.
C’est illogique et fort douteux que Andry TGV (notamment Ratsirahonana) tente par tous les moyens d’empêcher ”un condamné” de se présenter à l’élection présidetielle alors qu’il s’abstienne d’appliquer les lois devant le sanctionner. Le juriste que prétend être Ratsirahonana s’appuie donc sur des arguments aussi farfelus. Honteux!
L’exclusion de Pierrot Rajaonarivelo ne peut donc, objectivement, être que d’ordre ethnique. Rien de plus. Celui-ci est le candidat côtier le plus à même de battre à plate couture le “pion” de Ratsirahonana en la personne du frêle Andry TGV. Il ne faut pas chercher midi à quatorze heures. Le problème est là.
En somme, la Transition de Andry Rajoelina pense, qu’à travers cette assise qui a coûté énormément d’argent aux contribuables, Madagascar pourra sortir de la crise actuelle si et seulement si Andry Rajoelina puisse se présenter à l’élection présidentielle avec des adversaires disqualifiés par forfaits.
Voilà l’enseignement que le « jeune vaniteux » cherche à nous faire gober par tous les moyens. Nous nous étonnons encore pourquoi la population commence sérieusement à se révolter ? Ne trouvons nous donc pas normal si des partis, par exemple, le « Toliara Mijoro », menacent sérieusement de redescendre dans la rue pour dénoncer de telles perfidies? Et ce n’est que le début.
Pour calmer la voracité animalesque des membres de la HAT ainsi que ceux qui composent leur gouvernement, Andry Rajoelina ne trouve meilleure parade que de se servir et de laisser ses dévots se servir autant qu’ils les veulent dans la caisse de l’Etat, à se goinfrer jusqu’à l’étouffement des fonds publics que plus personne ne contrôle. Jusqu’à racketter les honnêtes gens dont le malheur furent de croire que les cannibales ont des âmes.
Voilà comment Madagascar est gouverné depuis seulement 3 mois. Par des bandes de vampires qui ne connaissent que les rapines et le cannibalisme comme raison d’être fondamentale.

