Sortie de crise : L’Armée malgache est sommée de prendre le pouvoir
politique juillet 20th, 2009Non, rien ne va plus Madame la marquise ! Madagascar s’enfonce davantage dans une situation politique sans issue condamnant de ce fait, non seulement la population malgache dans une mort lente et irréversible mais surtout la culture nationale dans une destruction totale. La société malgache s’étiole dangereusement. L’économie nationale tombe en faillite. Les guéguerres politiques futiles, improductives et suicidaires prédominent. La jeunesse n’a plus d’avenir. Tout espoir est mort-né. Les dirigeants sont fondamentalement corrompus et ne vivent qu’à travers du racket et de rapine.
L’ancien dictateur déchu ne vit que par le souffle de la haine des malgaches et n’est animé que par la vengeance criminelle. Son successeur, sous tutelle d’un roublard en puissance et sans scrupules, mène le pays et le peuple vers le mur de l’inconscience, de l’irresponsabilité et de l’indécence voire de la démence.
Il ne reste donc plus que l’option militaire pour sortir Madagascar de cette crise désastreuse dans laquelle deux criminels l’ont projeté.
Pourtant, la solution à cette crise existe bel et bien sauf que c’est l’absence de volonté chez ceux qui sont censés l’appliquer qui pose problème. Au lieu d’y mettre fin, Andry Rajoelina, président de la Haute Autorité de la Transition, cherche à faire durer la crise afin de pouvoir confisquer, à lui tout seul, le pouvoir qu’il s’est, accidentellement, approprié.
D’autant plus que les efforts qu’on leur demande sont loin d’être insurmontables :
(1) Réunir toutes les forces politiques existantes autour d’une table afin d’établir des « textes » (Convention ou charte) devant définir, déterminer et expliquer : la nécessité de la période de Transition, l’urgence pour Madagascar d’entrer dans la 4ème République, les modalités à suivre pour la mise en place des institutions devant régir la période de Transition ainsi que l’organisation d’une élection présidentielle sans exclusive aboutissant à un « nouvel ordre constitutionnel ».
(2) Doter les entités composant la défense nationale de tous les moyens dont elles ont besoin pour garantir et assurer la sécurité des biens et des personnes.
(3) Assainir de façon sérieuse le processus électoral sur lequel dépendra la légitimité du futur président, élu, de Madagascar.
Pour que toutes ces actions soient conformes aux intérêts supérieurs de la Nation, donc du peuple malgache, trois principes doivent être respectés :
(1) Le principe de « l’inclusivité » (la conduite de la transition, les responsabilités à assumer, le droit à la candidature…doivent être inclusive. Autrement dit, elle ne devrait exclure personne).
(2) Le principe de responsabilité (Tous ceux qui veulent participer à la gestion de la Transition doivent se montrer « responsables », c’est-à-dire acceptant d’exclure tout propos haineux, toute volonté belliqueuse pouvant être préjudiciable pour la société – ne portant nullement atteinte aux droits de l’homme -, …mais doivent répondre et se focaliser sur l’intérêt de la population malgache).
(3) Le principe de l’unité nationale (Toute action, tout propos et toute volonté doivent répondre aux besoins vitaux de l’unité nationale. Exit donc toue tentative de division néfaste à la société malgache).
C’est n’est donc pas la mer à boire. Au contraire, cela émane du devoir classique de tout politicien responsable.
Il est alors absolument inexact de dire que tous ces « responsables » politiques ne sont pas conscients (de) ou qu’ils ignorent ces vérités, pourtant élémentaires. Sauf que les ambitions personnelles et les intérêts égoïstes des uns et des autres empêchent chacun d’entre eux de réfléchir sur le sort heureux de la population malgache. Pire, cette vision nombriliste née d’une ambition égoïste favorise la destruction de la Nation et rend ces « pseudo responsables » aveugles d’esprit.
La communauté internationale a beau mettre la pression et a tout fait pour proposer une solution de sortie de crise. L’étroitesse d’esprit des uns et l’inconscience des autres ont fait que tout échoue puisque rien ne satisfait l’égoïsme de chacun. Le plus dramatique est de constater qu’aucun d’eux ne se soucie de l’intérêt de la population malgache.
Il suffit de voir la « rapine » avec laquelle la HAT se complait, pour vivre, ou encore l’insistance de Marc Ravalomanana à favoriser la violence pour comprendre que ces deux entités antagonistes n’ont rien à foutre de l’avenir des malgaches. Les « tripatouillages » de la Constitution en sont encore des preuves de cette « je m’en-foutisme » institutionnel de la HAT. L’irruption des actes de terrorisme devenu de plus en plus criminels en est une autre pour démontrer le « jusqu’au-boutisme » de Ravalomanana. Au milieu de cela, c’est le peuple malgache, la Nation et la jeunesse qui trinquent. Douloureusement !
La « réunion » d’Addis Abeba ce 22 juillet prochain ne sera, de toute évidence, qu’une perte de temps et d’argent car ni Ravalomanana ni Andry Rajoelina ne fera une moindre concession sur leur ambition inconciliable. Madagascar n’a plus le droit de perdre davantage de temps. La situation dramatique dans laquelle il se trouve actuellement exige une solution urgente.
Devant cet impasse et face à ces « irresponsabilités flagrantes » de la HAT et de Ravalomanana, devant la démission des intellectuels et la faillite de la classe politique, l’Armée malgache, le dernier rempart de la République, doit prendre sa responsabilité pleine et entière en mettant fermement les points sur le « i » et la barre sur le « t » une bonne fois pour toute, pour sauver la Patrie qui est entrain de se décomposer.
La prise de pouvoir par l’Armée a, justement, au moins trois légitimités salutaires pour la société malgache en grande décomposition:
(1) Elle mettra fin à cette cacophonie et guerre de chefs entre ces deux irresponsables (Ravalomanana et Andry Rajoelina). Cet arrêt rendra à Madagascar le sens de « l’Etat » respectable et respectueux qu’il a perdu.
(2) Elle sera la plus apte à organiser une élection présidentielle sans exclusive et dans des conditions les plus acceptables que possibles car elles seront transparentes, libres et impartiales.
(3) Elle est la seule entité qui aura la capacité de garantir dans tout le territoire la sécurité des biens et des services, c’est-à-dire des conditions nécessaires pour le pays de revenir à la « normalité » politique.
L’Armée nationale a également au moins trois qualités pour réussir cette mission délicate:
(1) Elle est la seule institution qui a su consolider leur « unité » et leur respectabilité. La passation de pouvoir effectuée par l’ancien premier ministre, le général Charles Rabemanjara, l’effacement des généraux et autres officiers faces à la mutinerie du CAPSAT (pour ne pas envenimer la situation déjà délétère), leur refus de soutenir le dictateur Ravalomanana et, au contraire, de le chasser du pouvoir, ainsi que la mise en place rapidement de l’Assise des militaires, prouvent que l’Armée a une capacité certaine de mettre l’intérêt supérieur de la nation au dessus de tout.
(2) L’Armée est la seule entité qui a su nous démontrer que sa force réside dans le respect de la discipline militaire, gage de la stabilité de l’institution par laquelle elle existe. Aucun autre pays africain, du moins ceux qui ont connu la même crise que Madagascar, n’aurait tenu une attitude exemplaire avec laquelle l’Armée malgache se comportait jusqu’à maintenant. Celle-ci a démontré qu’elle est apte à unifier leur commandement et surtout à préserver leur valeur fondamentale.
(3) Contrairement aux autres pays africains, l’Armée malgache n’a pas vocation à gouverner le pays, elle est immunisée contre le virus dit de « gouvernance kaki », ce fléau ayant dévasté le continent africain. Dans l’histoire récente du pays, elle a pris le pouvoir seulement lorsque la circonstance le lui oblige, mais jamais, elle s’est fourvoyée à confisquer le pouvoir comme c’est devenu une habitude pour les militaires africains (un exemple récent de Guinée Conakry, de Mauritanie…).
Mieux encore, la communauté internationale qui n’apprécie guère la prise de pouvoir par l’Armée ne sera pas réticente par rapport à un tel schéma pour au moins trois raisons :
(1) La prise du pouvoir par l’armée ne sera menée que pour une mission claire (Etablir un nouvel ordre constitutionnel), pour une durée courte (en vue d’organiser une élection présidentielle dans le plus bref délai), et avec une preuve qu’elle se retire du pouvoir dès qu’un nouveau président sera élu. Ce schéma correspond alors parfaitement aux attentes de la communauté internationale. Car une telle démarche a la pertinence de réparer les erreurs des politiciens défaillants et aux comportements suicidaires.
(2) La prise de pouvoir par l’Armée possède aussi une vertu morale et ne viole pas les principes de démocratie chers à la communauté internationale. D’une part, elle permet de faire sortir Madagascar d’une situation politique clairement bloquée, à cause de la vicissitude des politiciens irresponsables ; d’autre part, elle ne peut être considérée comme un « coup d’Etat » puisque à Madagascar actuellement, « l’Etat, en lui même n’existe pas » depuis le coup d’Etat de Andry Rajoelaina du 17 mars 2009 dernier. Au contraire, donc, cette prise de pouvoir par l’Armée sera une opportunité de « rétablir », enfin, l’Etat.
(3) La prise de pouvoir par les militaires règlera, en outre, la question épineuse de « partialité » dans la conduite de la Transition et surtout dans l’organisation des élections présidentielles. Le blocage du processus politique actuel est surtout de cet ordre : Ceux qui gouvernent actuellement cherchent à exclure les adversaires potentiels par tous les moyens notamment à travers la manipulation du processus électoral, allant donc de la disqualification de certains candidats jusqu’au tripatouillage de la Constitution en passant par la falsification des listes électorales pour mieux voler la victoire.
Sans conteste, l’Armée malgache se révèle être la seule entité capable de sortir ce pays du bourbier dans lequel les politiciens véreux, l’ont enterré jusqu’à ce jour.
Trois cas de prise de pouvoir par les militaires consciencieux et poussés par le seul souci de sortir leurs pays d’une situation politique bloquée, peuvent nous réconforter dans cette option car ils militent, tous, en faveur de cette dernière solution :
(Le colonel Malien, Amadou Toumani Touré)
(1) Le cas du Mali, lorsqu’en mars 1991, le colonel Amadou Toumani Touré s’est senti obligé de chasser le dictateur Moussa Traoré, et prendra la présidence du « Comité de transition pour le Salut du peuple » tout en assurant les fonction de chef d’État (sans Investiture, ndlr) pendant la période de transition reconnue par tous comme « démocratique ». Il organisa la conférence nationale durant deux semaines (qui s’est déroulée du 29 juillet au 12 août 1991), puis des élections législatives et présidentielles en 1992. À l’issue de ces élections, il remet le pouvoir au nouveau président élu Alpha Oumar Konaré. Cet acte de bravoure et de courage lui a valu le titre de « soldat de la démocratie ».
(Le Gl Nigérian, Abdulsalami Abubakar )
(2) Il y avait également, au Nigeria, le cas du général Abdulsalami Abubakar qui, après l’assassinat du dictateur Sani Abacha en 1998, a pris le pouvoir et rétablit la constitution suspendue depuis 1979. Il organisa, à peine quelques mois plus tard, en 1999, les premières élections présidentielles démocratiques (inexistantes depuis 16 ans) qui ont été gagnées par Olusegun Obasanjo.
(Le Gl Ely Ould Mohamed Vall, de Mauritanie)
(3) Enfin, le cas de la Mauritanie : Lorsque le 3 août 2005, le général Ely Ould Mohamed Vall, à la tête de l’armée, renverse le régime du dictateur Maaouiya Ould Taya et crée le « Conseil militaire pour la justice et la démocratie » (CMJD). Celui-ci a instauré une période de transition de deux ans, ramenée ensuite à dix-huit mois, permettant de préparer des élections législatives et présidentielle, précédées d’un référendum sur l’amendement de la Constitution. Une Commission électorale nationale indépendante (CENI) a été créée pour superviser ce processus électoral qui se terminera en mars 2007 par l’élection du président de la République.
Ces trois cas ont été reconnus par l’ensemble de l’opinion internationale comme « salutaires » pour les pays respectifs parce qu’ils reposaient, tous, sur trois ambitions sérieuses : (1) Le désir pour les militaires putchistes de sortir leur pays respectifs d’une situation politique bloquée et suicidaire pour leur société ;
(2) La mise en place par des militaires des institutions neutres (ou impartiales) devant conduire la période de Transition et dont la finalité a été l’organisation d’une élection présidentielle;
(3) L’interdiction pour tous les dirigeants de la période de Transition de se présenter candidats dans les élections présidentielles. Ceci pour mieux garantir l’impartialité du processus électoral.
Ceci étant, je suis ainsi persuadé que les militaires malgaches sont capables de respecter les mêmes ambitions gagnantes pour rétablir la démocratie et pour sauver la Nation qui se désagrège. La preuve nous a d’ailleurs été donné lorsque après avoir chassé le dictateur Ravalomanana, elle a aussitôt confié le pouvoir à un civil qu’elle croyait être le plus apte à représenter l’aspiration populaire, en l’occurrence Andry Rajoelina. Sauf que celui-ci, imbu de lui-même, n’a pas su utiliser à bon escient ce transfert de pouvoir si exceptionnel. A cause de l’ingratitude et de l’immaturité de Andry Rajoelina, le pays se retrouve actuellement dans une situation politique exécrable.
La raison pour laquelle on peut dire, sans se tromper, que c’est cette dernière option (la prise de pouvoir temporaire par l’Armée) qui reste la solution la plus appropriée car répond parfaitement au cas de Madagascar. C’est la seule option qui l’aidera à sortir de cette situation cacophonique, faite de rapine économique et d’improvisation politique.
La balle se trouve désormais dans le camp de l’Armée Républicaine malgache pour que ce jeu morbide du DJ irresponsable et immature d’Andry Rajoelina et du dictateur déchu Ravalomanana, cesse de cannibaliser la société malgache qu’ils ont pris en otage. Ce sera l’occasion pour elle de réparer leur erreur dans l’échec « Rajoelina ».
Hoan’ny Tanindrazana (Pour la Patrie).
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